La nature soigne

La nature soigne La force des plantes est aujourd’hui trop souvent sous-estimées par le corps médical et donc par voie de conséquence par l’opinion public, car si maintenant nous allons à la pharmacie acheter nos médicaments, hier nous allions chez l’herboriste acheter nos plantes médicinales…

Ce n’est pas d’hier que les humains ont eu recours aux vertus médicinales des plantes.

Hildegarde de Bingen est considérée comme la première phytothérapeute. Vivant au XIIème siècle, elle eut le génie de mettre par écrit l’ensemble de ses recettes . 900 ans après, son savoir est un trésor inestimable pour tous les herboristes, phytothérapeutes et hommes de sciences qui valident au fur et à mesure de leurs recherches ce qu’elle avait enseigné.

Il faudra attendre le XIXème siècle et cette explosion industrielle ouvrant la voie à de nombreuses découvertes, de nouvelles techniques de recherche que l’Allemand Friedrich Wilhelm Sertürner met à profit et réalise une percée historique en isolant la molécule dormitive de l’opium, à partir du pavot, qui donnera la morphine. «C’est le premier principe actif d’une plante qui est devenu un médicament. Depuis l’aube de l’humanité jusqu’au milieu du 19e siècle, l’homme  a utilisé spécifiquement les plantes pour se soigner.»

Les plantes regorgent de molécules, car en raison de leur immobilité, elles doivent constamment faire appel à la chimie pour toute une gamme d’activités essentielles, comme éloigner les prédateurs et tuer les pucerons. C’est également par leurs armes chimiques qu’elles se défendent contre les bactéries, les virus et les champignons, ou qu’elles attirent les insectes pollinisateurs pour leur reproduction. «La chimie des plantes est d’une richesse extraordinaire, simple et complexe à la fois, il était normale que les sciences modernes allaient utiliser ce vivier de molécules actives pour développer à grande échelle des médicaments et permettre à l’humanité de faire reculer les maladies.»

C’est ainsi qu’est née la pharmacologie, science qui permet d’étudier chaque plante et d’identifier les propriétés des molécules qu’elle contient (anti-inflammatoires, antivirales, anticancéreuses, etc.) À partir de ces informations, les chercheurs peuvent ensuite décider s’il vaut mieux utiliser la plante telle qu’elle, comme dans le cas de la morphine, ou d’en faire des copies pour en améliorer l’efficacité.

Aujourd’hui, 25 % des médicaments sont conçus à partir de molécules provenant de plantes. En voici quelques exemples :

– l’atropine, qui vient de la belladone, est utilisée en ophtalmologie.
– la scopolamine, provenant du datura cornucopia, peut être utilisée contre les maux de cœur.
– de nombreux anticancéreux, comme le Taxol, proviennent directement des plantes.

Produits naturels vs médicaments:

Même si de très nombreux médicaments sont conçus à partir de molécules provenant de plantes, il existe une grande différence entre ceux-ci et les produits naturels. Ces derniers utilisent généralement la plante en entier, mais celle-ci contient des centaines ou des milliers de molécules.

«Le gros problème avec ces molécules naturelles ou les plantes elles-mêmes, c’est que ces molécules sont en quantité variable d’une plante à l’autre, d’une saison à l’autre, etc. et qu’il est donc très difficile d’en contrôler la production pour une utilisation à long terme. D’où l’intérêt de synthétiser en laboratoire la molécule active et de pouvoir ainsi la reproduire à l’infini. Malheureusement, dans une molécule synthétique, le principe actif est considérablement moins efficace que le naturel. De plus, est extrait une molécule et une seule alors que la plante contient une quantité de molécules qui peuvent interagir entre elles et donner un résultat bien supérieur. La différence essentielle entre les produits naturels et les médicaments réside donc dans le mode d’utilisation.»

Molécules synthétiques :

En parallèle des molécules naturelles qu’on retrouve dans les plantes, il existe également des molécules synthétiques. Ce sont des médicaments faits avec des molécules qui n’existent pas du tout dans la nature. Certains antalgiques utilisés contre la douleur font partie de cette catégorie : ils reproduisent certains effets thérapeutiques de la morphine sans entraîner les mêmes effets secondaires.

Une biodiversité à protéger :

Rappelons qu’il existe encore probablement des milliers de plantes dont on ignore encore les vertus thérapeutiques, nous avons tout intérêt à protéger ces ressources. Souvent menacées par l’exploitation des forêts et des milieux naturels, ces plantes ne pourront plus nous être utiles lorsqu’elles auront complètement disparu. La vigilance s’impose donc pour éviter la destruction totale de ces écosystèmes riches en éventuelles ressources pharmaceutiques.

 

De la plante au médicament :

Les traitements cités auparavant sont une infime partie de ce que la nature peut nous offrir, certains l’avaient bien compris, pendant des millénaires, l’utilisation des plantes étaient la seule manière de lutter contre la maladie.

Toutes les civilisations de l’Europe à la Chine en passant par l’Afrique … avaient recours à la phytothérapie, sorciers, guérisseurs, herboriste plus récemment et pharmacie désormais.

Quoi qu’il en soit quand on avale un cachet, une gélule achetée à la pharmacie du coin, n’oubliez pas que c’est une molécule synthétique que vous ingérez (accompagnée d’autres substances pour fixer l’agent actif dont nous ne connaissons pas si bien que cela les effets sur l’organisme, mais ceci est un autre problème que nous traiterons plus tard), et c’est bien là le problème, les laboratoires pharmaceutique doivent dépenser des sommes astronomiques dans la recherche pour isoler les molécules utiles à notre santé, et cette recherche prend énormément de temps, ce qui se répercute sur les consommateurs.

Je m’explique, prenons l’exemple du Graviola, une nouvelle molécule à breveter.

Quelle sont les étapes avant que le consommateur puisse y avoir accès ?

1er étape :

Cet arbre fait parler de lui dans son pays, le Pérou, il est utilisé par la population locale depuis des générations, un laboratoire privé s’intéresse de plus près  à celui-ci et récupère des échantillons.

2ème étape :

Les chercheurs effectuent une analyse préliminaire des échantillons, puis commence les tests sur différentes cellules atteintes de maladies diverses comme par exemple la grippe, le VIH en passant par le cancer.

Le test est concluant pour le Graviola, il répond au traitement contre le cancer.

3ème étape :

La partie la plus longue et critique pour les laboratoires, ils savent que cet arbre peut aider à guérir du cancer, mais ils ne peuvent pas breveter une plante, par contre une molécule c’est possible.

Commence alors la fastidieuse tâche qui est de chercher la fameuse molécule active, celle qui peut nous aider à combattre le cancer.

Parmi les étapes décrites ci-dessus l’étape trois est la plus longue.

Dans l’exemple cité cela fait 50 ans que l’on a reconnu le Graviola (corossol) comme un traitement potentiel contre le cancer, mais cela fait aussi 50 ans que des laboratoires testent les millions de molécules que contient cette plante pour trouver celle qui les intéresse, celle que les laboratoires pourront vendre en pharmacie comme remède miracle.

Alors qu’il nous suffirait de cueillir les feuilles du Graviola et les faire infuser dans une tisane pour bénéficier de ces effets contre le cancer.

Évidemment ces laboratoires font mains mises sur ces découvertes en protégeant leur secret du grand public jusqu’à la commercialisation. Pendant ce temps des hommes et des femmes atteints d’un cancer ne peuvent bénéficier de ses vertus curatives puisqu’en France depuis les années 1940/1950 (je n’ai pas la date exact) le monde médical a réussi a d’abord faire fermer tous les centres de formation en herboristerie, et oui, il est interdit d’enseigner cette discipline puis de faire interdire l’ouverture de nouvelle herboristerie, normal puisqu’il n’y avais plus de diplôme !!

Voilà comment en deux temps l’utilisation des plantes par tout à chacun est tombé dans les oubliettes.

Aujourd’hui, les défenseurs de la médecine naturelle par les plantes se mobilisent en Europe pour faire tomber ces barrières. Le combat est rude puisque même au parlement européen, le lobby pharmaceutique cherche à faire passer des lois de plus en plus restrictives sur l’utilisation et surtout la commercialisation des plantes.

2 Comments

  1. Continuez dans cette direction, c’est un veritable plaisir de vous suivre.

  2. poyard

    Le Taxol est bien issu de plantes alors pourquoi les malades doivent mourir du cancer si on ne les traitent pas avec cette molécule ? Encore, il faut engraisser le big pharma.

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